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Sous l’effet des exigences réglementaires, de l’essor des risques non financiers et de la pression sur la donnée, les Directions des Risques bancaires redéfinissent leur rôle, leur gouvernance et leurs modèles opératoires.
Les Directions des Risques connaissent une transformation profonde. Longtemps positionnées comme des fonctions de contrôle, de surveillance et de conformité, elles évoluent progressivement vers des plateformes intégrées de pilotage, de résilience et d’aide à la décision.
Cette évolution s’inscrit dans un environnement bancaire marqué par une intensification des exigences prudentielles, réglementaires et opérationnelles. Bâle IV, DORA, BCBS 239, renforcement des reportings, gouvernance des modèles, résilience opérationnelle, supervision des risques climatiques et ESG : le périmètre d’intervention des fonctions Risques s’élargit, tandis que leur niveau de complexité augmente.
Dans le même temps, les établissements doivent répondre à des attentes croissantes en matière de qualité, de fraîcheur, de traçabilité et de partage de la donnée. La capacité à produire une vision consolidée, fiable et exploitable des risques devient ainsi un facteur clé de robustesse réglementaire, mais aussi de performance opérationnelle.
Dans leur dernier benchmark, nos experts mettent en évidence une tendance structurante : la fonction Risques évolue vers un modèle plus transversal, davantage intégré aux métiers, plus étroitement articulé avec la Finance et la Data, et résolument orienté vers la transformation continue.
La fonction Risques n’est plus uniquement chargée d’identifier, mesurer et contrôler les expositions. Elle contribue désormais à l’allocation des ressources, à la sécurisation de la croissance, à la résilience du modèle bancaire et à l’anticipation des scénarios défavorables.
Les Directions des Risques les plus avancées participent ainsi davantage aux décisions structurantes de l’établissement. Elles interviennent en appui des orientations stratégiques, tout en préservant leur rôle d’indépendance et de contrôle.
Cyber, fraude, continuité d’activité, résilience opérationnelle, risques liés aux tiers, risques climatiques, ESG, risques technologiques ou encore conduct risk occupent une place croissante dans les priorités des établissements.
Souvent plus transverses et plus difficiles à modéliser que les risques financiers traditionnels, ces risques imposent de renforcer les dispositifs de coordination, de contrôle et d’anticipation. Ils conduisent également les organisations à mieux articuler expertises spécialisées, pilotage groupe et responsabilités métiers.
Les superviseurs attendent des données plus fiables, auditables, traçables et disponibles plus rapidement. Dans ce contexte, les modèles, stress tests, simulations et scénarios deviennent des outils centraux de pilotage.
Cette évolution place la data, l’analytics, l’intelligence artificielle, le reporting réglementaire et la gouvernance des modèles au cœur des trajectoires de transformation. Elle renforce également la nécessité de disposer de référentiels robustes, de processus industrialisés et de responsabilités clairement établies entre les différentes fonctions contributrices.
Les organisations convergent vers davantage de standardisation, de mutualisation, d’automatisation et de pilotage transverse. Les Directions des Risques cherchent à gagner en agilité sans perdre en robustesse, à simplifier leurs circuits de décision sans affaiblir leurs lignes de défense, et à industrialiser leurs chaînes de production sans s’éloigner des métiers.
L’enjeu est donc de construire des modèles opératoires capables d’absorber la complexité croissante des risques, tout en préservant la lisibilité des responsabilités et l’efficacité des dispositifs de décision.
Nos experts identifient quatre défis majeurs pour accompagner l’évolution des Directions des Risques.
Le premier consiste à maîtriser la complexité organisationnelle. La multiplication des directions spécialisées, des comités, des fonctions de validation et des niveaux de supervision peut renforcer la robustesse du dispositif. Elle peut toutefois générer des lenteurs, des redondances et une dilution des responsabilités. La clarification des rôles, des circuits de décision et des mécanismes d’escalade devient donc prioritaire.
Le deuxième défi porte sur le pilotage consolidé à l’échelle du groupe. Les établissements doivent disposer d’une vision globale de leurs expositions, tout en conservant une capacité d’action locale. Cet équilibre est particulièrement sensible dans les groupes mutualistes, internationaux ou multi-entités, où la cohérence d’ensemble doit s’articuler avec les spécificités des métiers, des géographies ou des réseaux.
Le troisième défi concerne l’intégration des risques non financiers au cœur du dispositif. Cyber, résilience, continuité d’activité, risques tiers et ESG ne peuvent plus être traités comme des périmètres périphériques. Ils nécessitent des cadres de gouvernance dédiés, des outils adaptés, des responsabilités explicites et des capacités de pilotage renforcées.
Enfin, le quatrième défi réside dans l’industrialisation des modèles, de la data et du reporting réglementaire. Produire plus vite, avec davantage de fiabilité et une dépendance réduite aux traitements manuels, devient un impératif à la fois opérationnel et réglementaire. Cette industrialisation suppose de renforcer les socles de données, d’automatiser les processus clés et de fiabiliser les chaînes de production de bout en bout.
Les convictions issues de l’étude sont claires : les fonctions cœur convergent, la couche transverse devient déterminante, la simplification constitue un levier de performance et l’industrialisation devient incontournable.
La Direction des Risques cible n’est pas nécessairement la plus étendue ni la plus complexe. C’est celle qui parvient à combiner indépendance du contrôle, proximité avec les métiers, qualité de la donnée, robustesse des modèles, capacité d’anticipation et transformation continue.
Dans un environnement marqué par l’accélération réglementaire, l’émergence de nouveaux risques et la pression sur l’efficience, la fonction Risques s’impose comme un acteur central de la résilience bancaire. Sa capacité à absorber la complexité sans l’amplifier constituera un facteur clé de maturité pour les années à venir.
Téléchargez l’étude complète pour approfondir les modèles organisationnels, les benchmarks par établissement et les chantiers prioritaires, ou contactez nos experts Sia pour échanger sur vos enjeux de transformation des Directions des Risques.
Partner, Services Financiers | Paris
Yves est un Partner au sein de nos activités Banque. Il a travaillé dans différents départements financiers ainsi que dans différentes institutions financières et est responsable des relations avec les groupes mutualistes en France.