Facturation électronique : la priorité reste la…
La sortie progressive de l’obligation d’achat transforme l’équation économique des actifs photovoltaïques 100-500 kWc. Un tarif garanti pendant vingt ans laisse place à des mécanismes de valorisation où les revenus ne sont plus garantis par construction.
Pendant près de vingt ans, l’obligation d’achat (OA) a constitué un cadre de référence pour le développement du photovoltaïque sur bâtiment et ombrière. En garantissant un tarif fixe sur une longue durée, ce mécanisme a apporté aux producteurs une visibilité forte sur leurs revenus et a sécurisé le financement de nombreux projets, en particulier sur le segment 100-500 kWc.
Ce modèle entre aujourd’hui dans une nouvelle phase. Les premiers contrats arrivent progressivement à échéance, tandis que le guichet tarifaire historique a laissé place à de nouveaux dispositifs, dont l’Appel d’offres simplifié (AOS) pour les installations de 100 à 500 kWc. Cette double évolution marque un tournant : les actifs doivent désormais être valorisés dans un environnement plus ouvert, soumis à une logique de mise en concurrence, où le soutien tarifaire automatique a disparu.
La France a enregistré 513 heures à prix négatifs sur les marchés de gros en 2025, contre 147 heures en 2023. Ce triplement en deux ans traduit un phénomène structurel bien documenté : la cannibalisation solaire. Plus la capacité installée augmente, plus les prix s’effondrent précisément aux heures où les panneaux produisent le plus.
La fin de l’OA expose les revenus à cette réalité de marché à laquelle les actifs sous OA n’étaient pas exposés : selon l’option choisie en sortie - autoconsommation, AOS ou valorisation directe sur les marchés - le producteur sera désormais partiellement ou totalement soumis à la cannibalisation solaire. C’est le changement de fond.
Ces installations appartiennent généralement à des industriels, des acteurs tertiaires, des foncières ou des collectivités dont le cœur de métier n’est pas la production d’énergie. Même les grands groupes dotés d'équipes énergie n'ont pas nécessairement les ressources pour piloter activement une centrale de cette taille en sortie de tarif garanti.
Dans le même temps, les solutions de marché restent calibrées pour des actifs plus importants. Ce segment intermédiaire doit donc arbitrer entre plusieurs options de valorisation, avec des contraintes opérationnelles et économiques parfois disproportionnées au regard de sa taille. Pour les agrégateurs et les énergéticiens, il représente à l’inverse un gisement de flexibilité et de volumes encore largement sous-adressé.
Quatre options, des logiques différentes :
Plusieurs trajectoires sont envisageables : l’autoconsommation individuelle ou collective (avec ou sans injection du surplus), l’AOS pour les projets éligibles, ou encore la valorisation sur les marchés. Chacune répond à une logique différente, entre sécurisation des revenus, optimisation économique et maîtrise de la complexité.
Dans ce contexte, le choix d’une stratégie de valorisation doit d’abord être guidé par trois critères.
Il n’existe pas de solution universelle. La bonne approche dépend du site, de son profil de consommation, de l’appétence au risque du producteur et des moyens qu’il peut mobiliser pour piloter son actif. L’enjeu n’est plus seulement de produire. C’est de choisir, avant que la décision ne s’impose d’elle-même.
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Partner, Energie, Utilities et Environnement | Paris
Camille, Partner dans le pôle Energie & Services publics . Il dirige et soutient les opérateurs de réseaux et les services publics dans leur transformation globale vers des performances et une durabilité accrues au profit de l'ensemble du système énergétique.
Partner Energie | Paris
Sebastien est un Partner au sein de la BU Energie, basé à Paris. Il cumule plus de 25 années d’expérience, réparties entre le conseil en stratégie, la régulation et les fonctions opérationnelles dans le secteur de l’énergie.