Commerce agentique : l’IA générative s’impose…
Une étude menée par Sia et Lemrock auprès de 1 000 consommateurs, enrichie par l’analyse de près de 100 000 requêtes IA réelles issues du réseau Lemrock, révèle comment l’IA générative transforme déjà la distribution, les prix et la relation client.
Les assistants conversationnels s’installent progressivement dans les parcours d’achat, de la recherche d’information à la comparaison d’offres, jusqu’au service après-vente.
L’étude menée par Sia et Lemrock met en évidence l’ampleur de cette évolution :
des consommateurs utilisent un assistant IA chaque semaine.
82%
déclarent avoir finalisé, au cours des trois derniers mois, un achat influencé par l'IA.
72%
Ces usages confirment l’émergence d’un nouveau point de contact entre les marques et leurs clients. L’IA générative, plutôt que de remplacer les canaux existants, vient recomposer leur articulation. Moteurs de recherche, sites marchands, marketplaces, médias sociaux et interfaces conversationnelles participent désormais d’un même environnement de décision.
Pour les entreprises, l’enjeu est de comprendre la manière dont leur marque, leurs offres et leurs données sont mobilisées dans les réponses générées à destination des consommateurs, mais également ce que cela induit dans la transformation de l’ensemble de la chaîne de valeur : recherche et découverte, parcours et décisions d’achat, marketing, distribution et relations clients.
Dans l’environnement conversationnel, il n’existe pas d’espace vide. Lorsqu’un consommateur sollicite un assistant pour identifier une offre, comparer des produits ou demander une recommandation, celui-ci cite des marques, des références ou des solutions. Lorsqu’une entreprise est absente de cette réponse, un concurrent peut occuper cette place.
L’analyse des requêtes réelles souligne déjà la maturité de ces usages :
des conversations mentionnent un modèle ou une référence précise.
23%
Les consommateurs ne recourent donc pas uniquement à l’IA pour des recherches générales ; ils l’utilisent aussi pour éclairer des décisions concrètes.
Cette transformation appelle une stratégie de visibilité adaptée à un écosystème fragmenté. Assistants généralistes, IA verticales et expériences conversationnelles intégrées aux plateformes ne répondent pas aux mêmes logiques. Les marques doivent ainsi articuler visibilité organique dans les moteurs génératifs (ou Generative Engine Optimization) et activations sponsorisées lorsque ces formats sont proposés.
Au-delà de la présence, la qualité de représentation devient déterminante. Informations structurées sur les produits, contenus fiables, disponibilité des références et cohérence des données entre les canaux conditionnent la capacité d’une marque à être correctement recommandée.
L’IA influence les arbitrages de prix, mais elle ne conduit pas mécaniquement les consommateurs à privilégier l’option la moins chère. Parmi ceux interrogés, 38 % indiquent avoir choisi une solution moins coûteuse sous l’influence de l’IA. À l’inverse, 18 % déclarent être montés en gamme.
L’observation des conversations apporte une lecture plus fine :
des signaux associés au prix portent sur la recherche d’un tarif précis et vérifié.
76%
seulement pour la recherche d’un « bon plan ».
14%
L’IA agit avant tout comme un outil de clarification et de réassurance. Elle aide à comprendre une offre, à vérifier un prix, comparer des caractéristiques ou à identifier l’option offrant le meilleure rapport qualité-prix en fonction d’un besoin donné.
Cette attente de précision crée de nouvelles exigences pour les marques. Dans un environnement où l’assistant peut rapprocher immédiatement plusieurs offres, des données tarifaires imprécises, incomplètes ou obsolètes fragilisent la confiance et la recommandation. La transparence des prix et la qualité de l’information deviennent ainsi des leviers de compétitivité, au-delà de la seule politique promotionnelle.
L’impact de l’IA générative se prolonge après l’achat. Elle facilite la formulation de demandes, la compréhension des droits ou la préparation d’une réclamation. Parmi les consommateurs ayant utilisé une IA dans ce contexte :
déclarent qu’elle les a rendus plus enclins à contacter une marque.
57%
observent l’effet inverse.
8%
L’IA ne réduit donc pas nécessairement les sollicitations adressées au service client. Elle peut au contraire abaisser le seuil de passage à l’action, en aidant les consommateurs à structurer leur message et à présenter leur situation de façon plus argumentée. Les clients sont mieux préparés, et ont donc plus d’exigences.
Le commerce agentique invite les marques à changer de perspective. L’IA générative ne constitue pas seulement un outil d’efficacité opérationnelle : elle devient un canal de distribution, de recommandation et de confiance.
Les entreprises les mieux préparées seront celles qui sauront exister dans la conversation avant même que le client ne formule sa question. Cela implique de structurer leurs données, d’assurer la fiabilité de leurs contenus et de construire une présence cohérente dans les différents environnements conversationnels.
Dans ce nouvel espace commercial, la performance dépendra moins de la capacité à proposer le prix le plus bas que de l’aptitude à fournir une information exacte, transparente et utile au moment où le consommateur prend sa décision.
Cette étude Sia x Lemrock croise les réponses de 1 000 consommateurs (500 en France et 500 aux États-Unis) interrogés en ligne par Potloc en juillet 2026, avec l’analyse de 99 980 requêtes réelles soumises à des agents conversationnels du réseau Lemrock. Tous les répondants avaient récemment utilisé un assistant IA pour rechercher une information ou réaliser un achat.
Managing Partner, Sia Experience | Paris
Charles est Managing Partner au sein de Sia Experience, il intervient depuis 15 ans sur des projets de transformation digitale notamment pour le compte des acteurs de l'énergie.