La donnée au service de la performance créative
La saturation des contenus impose aux marques de nouveaux modèles de décision créative. Sia Experience a développé une approche Brand x Data qui relie les données de campagnes à la création, pour mesurer avec précision la performance créative et la renforcer durablement.
La multiplication des canaux et des formats a fait exploser la production de contenus par les marques, sans que les méthodes de décision créative n’évoluent au même rythme. Dans un environnement saturé, la question n’est plus la capacité à produire, mais la capacité à déterminer avec précision ce qui doit être produit, pour quelle cible, et avec quel niveau de confiance dans le résultat.
Cette problématique reste aujourd’hui insuffisamment adressée par les directions marketing et création, qui pilotent encore largement leurs choix créatifs sur la base de l’intuition ou de conventions non vérifiées. Sia Experience a développé une approche, Brand x Data, qui structure cette prise de décision en connectant l’historique des campagnes à la production des contenus futurs.
L’approche repose sur un principe simple : la performance créative future se modélise à partir de la donnée de campagnes passées, et cette modélisation doit s’intégrer dans un cycle continu plutôt que dans une démarche d’audit isolée. Le dispositif combine deux expertises complémentaires, la science des données et la direction créative, qui interviennent selon deux temps distincts.
En amont, les campagnes existantes sont analysées pour faire émerger des règles créatives par cible, format et canal. En production, ces règles enrichissent les cahiers des charges créatifs et guident des chaînes de production accélérées par l’intelligence artificielle, dans le respect de l’identité de la marque. Les organisations ayant mis en œuvre cette approche rapportent une réduction significative des cycles de production non exploités, une capacité de déclinaison de contenus multipliée par 100, et une amélioration de l’efficacité de production de contenus de l’ordre de 40 %.
La première étape consiste à qualifier l’ensemble des contenus historiques selon des critères mesurables : format, ton, type de message, palette de couleurs, présence d’un call to action. Cette qualification est ensuite croisée avec les données relatives à l’audience, au canal et à la période de diffusion, afin de faire émerger des règles créatives propres à chaque marque et à chaque cible, et de produire une prédiction de performance avant la mise en ligne d’une campagne.
Cette démarche a notamment permis, dans le secteur du tourisme alpin, de réviser plusieurs hypothèses considérées jusqu’alors comme acquises. L’analyse des contenus vidéo diffusés sur les réseaux sociaux a montré que l’heure de publication avait un impact limité sur la performance, contrairement à une conviction largement répandue, alors que l’émotion, le contexte d’usage et la cohérence entre musique et thématique en constituaient les principaux moteurs. À l’inverse, les visuels génériques, la surcharge visuelle et la présence de texte à l’écran figuraient parmi les facteurs les plus pénalisants. Cette lecture fondée sur les données permet d’orienter les décisions de production selon trois catégories : les contenus à interrompre, les concepts à tester, et les formats à déployer à plus grande échelle.
Une fois les règles de performance établies, la seconde phase de l’approche porte sur l’activation de la production. La direction artistique, exercée par des équipes humaines, s’articule avec des chaînes de traitement fondées sur l’intelligence artificielle, permettant de décliner un même concept en un grand nombre de formats, tout en respectant les codes visuels et éditoriaux de la marque. Cette approche a été mise en œuvre pour Extime, la marque d’hospitalité de Paris Aéroport, où une note de cadrage enrichie par la donnée et une image de référence unique ont permis de générer, par itérations successives, un univers visuel cohérent puis décliné instantanément en plusieurs dizaines de formats : réseaux sociaux, bannières publicitaires, supports institutionnels.
La démarche s’étend au-delà des formats propres aux réseaux sociaux. Elle a notamment été appliquée à la gouvernance des contenus d’influence pour Cartier, confrontée à des pratiques hétérogènes entre marchés. L’analyse des performances a permis d’identifier les profils et les contenus à privilégier, d’établir des lignes directrices communes, puis de déployer un cadre homogène à l’échelle internationale. Les bénéfices observés portent sur la cohérence de l’expression de marque entre les marchés, l’efficacité de la sélection des partenaires, et le renforcement de la gouvernance des équipes locales.
L’un des apports les plus significatifs de cette approche réside dans la remise en cause de certaines convictions établies. Plusieurs hypothèses communément admises ne se vérifient pas systématiquement à l’analyse des données : l’importance déterminante de l’heure de publication, la corrélation entre volume de production et performance, l’efficacité du contenu produit, ou encore l’indépendance des éléments créatifs entre eux. Les résultats observés indiquent au contraire que seuls certains motifs précis produisent des effets consistants, que l’émotion et le contexte obtiennent de meilleurs résultats que le contenu générique, et que certains thèmes, à force d’être répétés, finissent par perdre en efficacité.
Dans un environnement saturé et multicanal, la performance créative suppose des décisions structurées. L’approche Brand x Data s’organise en trois étapes, reconduites à chaque cycle : analyser les déterminants réels de la performance, décider des contenus à produire, tester ou arrêter, puis déployer à l’échelle les formats les plus performants sur l’ensemble des canaux.
Pour les directions marketing et création, les bénéfices attendus portent sur une meilleure allocation des ressources créatives, une réduction de la production de contenus à faible valeur, et un renforcement progressif du potentiel de performance à chaque cycle.
Forte de son positionnement au croisement de la donnée, de l’intelligence artificielle et de la création de marque, Sia Experience accompagne ses clients dans la structuration de cette approche, de la modélisation de la performance jusqu’à son déploiement opérationnel à grande échelle.
Managing Partner, Sia Experience | Paris
Charles est Managing Partner au sein de Sia Experience, il intervient depuis 15 ans sur des projets de transformation digitale notamment pour le compte des acteurs de l'énergie.