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Électrification des flottes de véhicules au Québec

Électrification des flottes de véhicules au Québec : un effort nécessaire des entreprises pour atteindre 40% d’électrification du parc privé/public d’ici 2030

Au Québec, le secteur du transport représente 44% des émissions totales de GES. Les camions légers et les véhicules lourds sont responsables à eux seuls de 66,5 % de ces émissions (2017) et ces véhicules représentent justement la majorité des flottes institutionnelles, professionnelles et commerciales. (1)

À travers cet article, Sia Partners, a étudié les scénarios de déploiement des véhicules électriques (VÉ) au sein des flottes de véhicules du secteur public et privé.

I/ L’électrique en phase de convaincre les gestionnaires de flottes

I/ L’électrique en phase de convaincre les gestionnaires de flottes

  1. Les flottes du secteur public et privé au Québec : état des lieux 

Au total, les flottes actuelles du public et du privé représentent environ 750 000 véhicules. Ceux-ci sont détaillés dans la figure ci-dessous.

 

Source Sia Partners d’après la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ, 2019) «Nombre de véhicules en circulation au Québec au 31 décembre 2019 selon le type d'utilisation, le type de véhicule et le type de carburant»

L’analyse Sia Partners se concentre sur les automobiles, les VUS, fourgonnettes, minifourgonnettes ainsi que les camionnettes qui sont les segments d’électrification privilégiés par le Plan pour une économie verte 2030 (PEV 2030).

2)      L’électrique : une solution de plus en plus compétitive

Bien que sensible aux aspects environnementaux, la majorité des gestionnaires pilote leurs investissements et le renouvellement des véhicules en se basant sur la rentabilité économique des solutions. Aujourd’hui, malgré des investissements plus importants nécessaires à l’achat, les véhicules électriques demeurent néanmoins intéressants pour les professionnels, notamment car les coûts d'entretien et en énergie (électricité) sont significativement moindres que pour des véhicules thermiques. L’indicateur le plus parlant et le plus utilisé est le coût total de possession du véhicule (TCO), calculé sur toute la durée de vie du véhicule en tenant compte du financement du véhicule (coût d’acquisition) et des coûts opérationnels (énergie, entretien, assurance et infrastructure de recharge). Le graphique ci-dessous propose de premiers éléments de comparaison entre un véhicule électrique (Nissan Leaf) et un véhicule à essence comparable.

3)      De nouvelles stratégies d’acquisition au sein des entreprises

Longtemps dominées par le diesel et l’essence jusqu’alors bien adaptés à une utilisation intensive et aux kilométrages annuels élevés, caractéristiques des déplacements professionnels, les entreprises commencent à convertir leur parc. Animés par une prise de conscience écologique, une rentabilité économique qui se vérifie et un impact positif de leur image, les gestionnaires de flottes s'orientent vers des motorisations plus propres.

Dans ces démarches d’électrification, les entreprises font également face à des enjeux plus complexes qu’avec des véhicules thermiques, notamment lorsqu’il s’agit de véhicules professionnels, car il n'est pas toujours possible d’installer une borne de recharge au domicile des employés.

II/ L’accélération de l’électrification des flottes : quel scénario pour la prochaine décennie ?

Sia Partners a modélisé 3 scénarios de pénétration des véhicules électriques dans les flottes des secteurs publics et privés au Québec dans la prochaine décennie. Les figures ci-dessous présentent et détaillent les scénarios et principales hypothèses.

Projections des scénarios

En intégrant les hypothèses citées précédemment ainsi que les objectifs du PEV 2030, une modélisation suivant une courbe en S est effectuée pour estimer les nouvelles ventes de VÉ entre 2021 et 2030 pour chacun des scénarios. Les différents scénarios sont basés sur le pourcentage d’atteinte de l’objectif du PEV 2030 pour les véhicules privés qui représentent 90% du parc total. Dans les trois scénarios, la flotte du secteur public respecte entièrement les objectifs du PEV 2030.

III/ Un effort nécessaire d’électrification des flottes privées

Pour avoir un impact significatif sur les baisses de GES et l’électrification des véhicules, les flottes de véhicules privés doivent s’intégrer dans la dynamique insufflée par le PEV 2030.

Pour s’aligner sur les objectifs du PEV 2030, les gestionnaires de flottes du secteur public et privé vont être confrontés à des problématiques nouvelles, pour certaines inexistantes en motorisation thermique : quels véhicules électrifiés ? Quel rythme de conversion ? Quelles solutions de recharges proposer sur le site, chez l’employé ? Quelles adaptations/évolutions de la mobilité (arrêt pour recharge, itinéraires optimisés…) ?

Le besoin d’accompagnement de ces gestionnaires est donc fort, et constitue une opportunité pour les acteurs du secteur (constructeurs automobiles, énergéticiens, opérateurs de bornes de recharge, etc.).

Segment de poids dans le parc automobile actuel, l'électrification des flottes de véhicules d’entreprises et de collectivités est indispensable pour atteindre les objectifs de lutte contre les changements climatiques, de transition énergétique et des questions de santé publique. Les freins à la transition vers l’électromobilité pour les flottes s’estompent : l’offre se diversifie, les performances des véhicules et batteries augmentent, les infrastructures de recharge se multiplient, les réticences culturelles s’effacent et les solutions électriques deviennent plus compétitives que les véhicules thermiques. L’augmentation conséquente de la part de véhicules électriques et hybrides au sein des flottes entraîne l’émergence de nouveaux modèles d’affaires et de services innovants, sur lesquels les acteurs de l’automobile et de l’énergie se positionnent pour bénéficier des nombreuses opportunités commerciales qui accompagnent ce mouvement.